dimanche 4 octobre 2020

Quelques questions/réponses à propos de l’origami

 Que de questions parfois stupides entend-on lorsque l'on pratique l'origami. 

Souvent assimilé uniquement à un passe-temps pour enfants, beaucoup de personnes ne comprennent pas que l'on s'y adonne arrivé à l'age adulte, à moins d'être un brin bizarre.

Voici quelques réponses à des questions récurrentes, afin de mieux informer les personnes sceptiques.

C'est succinct mais je pense suffisant dans un premier temps.

 

1.      En quoi l’origami est-il un art ?

L’origami est faire une représentation de quelque chose (animal, fleur, objet, personnage fantastique etc …) en pliant du papier. De ce fait, ces créations peuvent être très simples et à but uniquement ludique, ou très élaborées et avec une beauté intrinsèque qui les place au rang d’œuvre d’art. Et c’est ce qui se fait de plus en plus. Le papier devient le matériau avec lequel l’artiste crée son œuvre, comme  il le ferait avec la sculpture ou la peinture. D’ailleurs nombre de grands artistes de l’origami ont une formation de peintre ou de sculpteur.

2.      Quelles sont les particularités de l’origami ?

L’origami a des contraintes spécifiques, qui sont de créer une forme en volume à partir d’un simple carré de papier, sans utiliser de découpage ou de collage.

3.      Depuis quand fait-on de l’origami ?

Depuis la création du papier ! Mais disons qu’un répertoire de modèles d’abord religieux puis ludiques s’est instauré au fil des siècles, et c’est vers les années 1950 que l’origami en tant qu’art de création s’est développé sous l’égide du Maître Japonais Akira Yoshizawa.

4.      L’origami ne se fait qu’au Japon ?

Non, s’il s’est développé au Japon il s’est ensuite répandu dans le monde entier, en particulier grâce aux associations de pliage comme le Mouvement Français des Plieurs de Papier dans notre pays.

5.      Qui peut plier ?

Tout le monde, quel que soit son niveau et ses centres d’intérêt. Le domaine de l’origami est tellement vaste que celui qui a envie de plier trouvera toujours des modèles qui vont l’intéresser.

6.      Il existe des livres, des vidéos ?

Le mieux est de plier à partir de livres, qui sont plus pédagogiques que des vidéos, à condition de savoir déchiffrer les symboles et connaître les techniques du pliage. L’idéal est de rencontrer d’autres plieurs confirmés, comme au club d’origami de la MJC Lorraine que j’anime depuis 9 ans.

7.      Faut-il être créateur pour faire de l’origami ?

Non, pas plus qu’il faut être compositeur pour être musicien. Il vaut mieux être un bon interprète qu’un mauvais créateur. Mais chacun peut apporter sa touche personnelle à un modèle existant et de ce fait se l’approprier. Du coup finalement même on reproduisant un modèle le plieur fera œuvre de création.

8.      Quels sont les avantages de la pratique de l’origami ?

C’est une activité qui ne coûte quasiment rien (juste du papier), n’utilise pas d’outils autres que les mains, peut s’exercer n’importe où et n’importe où et n’importe quand. À l’instar du coloriage, l’origami aide l'adulte à se sentir plus détendu. Il permet d'aiguiser la concentration et la mémoire et il est préconisé pour mieux coordonner les mouvements des yeux et des mains. Il agit aussi favorablement contre l’insomnie, l’anxiété et la dépression.

vendredi 20 décembre 2019

Puzzles

L'origami est un art. Ou du moins a la volonté de l'être. Tant mieux.
Il n'empêche que nombre de créations en origami n'ont rien d'artistiques, sont juste des puzzles, histoire de montrer que le créateur a pu plier ça, c'est tout.
Un pliage qui se contente, par exemple, de reproduire un kanji ou un symbole quelconque, même si techniquement c'est pointu, n'apporte rien d'artistique. C'est juste faire pour faire. Il n'y a aucune émotion sous-jacente, ce n'est pas esthétique, en gros ça ne sert (à) rien.
Il y avait déjà ce problème avec John Montroll dont le seul objectif était de faire à partir d'un carré, mais dont les modèles d'animaux étaient souvent très laids, disproportionnés, figés, dénués de toute grâce.
On est quand même loin de Yoshizawa ...
L'origami comme défi est quelque chose qui me gêne vraiment. Plier du complexe juste pour dire qu'on a été capable de le faire induit une compétition qui, dans l'art, n'a pas sa place.
De même qu'en magie si la seule réaction du public est de saluer la technique qui semble être derrière le tour, c'est qu'on a raté son objectif.
Il peut y avoir une fascination derrière une figure impossible, comme dans les illusions d'optique, mais juste plier un truc qui en soi n'a pas d'intérêt autre que le fait que personne ne l'a plié avant, bof ...
Quand l'origami devient masturbatoire c'est qu'il s'égare.
Pour ma part, je me lasse un peu de l'origami car cette émotion est trop souvent absente. Montrer qu'on est capable de plier un modèle complexe n'a plus de sens pour moi. Qu'est-ce qu'on veut prouver avec ça ?
La passion quand elle existe doit véhiculer des émotions, je me répète.
Finalement je trouve plus d'émotions à animer un club d'origami que de plier le dernier modèle qui fait le buzz.

jeudi 7 novembre 2019

Passion

Pour moi, une passion est une relation intime très forte entre la personne et l'objet de sa passion.
Et qui dit relation intime dit pudeur, discrétion, intériorisation.
J'ai donc beaucoup de mal avec l'exhibitionniste de certains passionnés qui brandissent l'objet de leur passion comme un étendard.
J'ai beaucoup de mal avec les expositions, les conventions, les concours et tout le barnum qui va avec.
Un passionné ne doit rien avoir à prouver, il n'y a pas lieu de faire une quelconque compétition, c'est comme si l'on se devait de jauger la femme de sa vie aux critères de Miss France.
Le sage vit dans l'ombre.
Ceux qui cherchent absolument à faire un forcing pour être reconnus par leurs pairs se trompent de combat. Ils ne se battent pas pour leur art mais pour leur ego.
Et je hais ce genre de personnes. J'ai des noms ...

lundi 28 octobre 2019

Club d'origami (suite)

Le club d'origami que j'anime à la MJC Lorraine commence vraiment à montrer tout son intérêt.
Moments de partage, de convivialité, d'amitié, tout ce que j'aime, loin de l'aspect compétition et mise en avant des egos que l'on trouve malheureusement chez pas mal de plieurs.
J'avais envie d'arrêter l'origami, à cause justement de cette ambiance malsaine de rivalités que j'avais rencontrée quelques fois au cours des 7 années où j'avais animé ce cours.
J'ai quand même accepté de continuer, mais sous forme de club, pour trouver un souffle nouveau et aussi d'autres émotions. Je n'ai plus rien à prouver et de toute façon aucune envie de prouver quoi que ce soit. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je ne publie plus de photos sur ce blog.
Le retour que j'ai des adhérents cette année me conforte dans mon choix d'avoir fait ce club. Il s'y passe de belles choses, avec de belles personnes, l'origami est un moyen qui permet tout cela. Et c'est ce qui me plaît.
Je n'ai que faire maintenant d'acquérir un nième diagramme, ou un nième livre, j'en ai déjà des milliers. Par contre, voir le sourire de quelqu'un qui débute et qui vient de finir son premier pliage, ça c'est motivant. Prendre ces personnes par la main pour les amener à découvrir la richesse de l'origami, voilà qui est motivant.
Transmettre tant qu'il est encore temps me passionne plus que plier le dernier modèle qui fait le buzz.
Les relations que j'aurai nouées avec les personnes que j'ai rencontrées compteront plus pour moi que les pliages que j'ai réalisés.
D'ailleurs je suis parfaitement capable de me séparer du jour au lendemain de tous mes pliages, je n'y attache aucun intérêt à part en exposer quelques uns de temps en temps pour amener des personnes à comprendre que l'origami ce n'est pas qu'une activité ludique pour enfants.
Les pliages c'est du matériel et je ne m'attache plus à tout cela.
Encore une fois, les relations sont pour moi infiniment plus importantes.

vendredi 4 octobre 2019

Club d'origami

Le Club d'origami de la MJC Lorraine lancé en septembre commence à prendre forme et à bien fonctionner.
Actuellement nous sommes 12 inscrits.
Il y a un thème à chaque séance, pour la première ce fut "Les oiseaux", pour la deuxième "Les fleurs" et pour la troisième (la prochaine) ce sera "Les boîtes", etc ...
Je mets à disposition des adhérents une cinquantaine de livres et revues issus de ma bibliothèque, à consulter sur place, ainsi qu'un petit stock de papier en 24x24cm et du papier d'entrainement.
Lors de chaque séance ceux qui le souhaitent peuvent nous amener leurs pliages favoris en rapport avec le thème, et éventuellement en enseigner aux autres si certains sont intéressés.
Pour ma part j'enseigne à ceux qui le souhaitent un ou deux modèles plutôt simples ou intermédiaires.
Néanmoins il est tout-à-fait possible de plier lors de la séance quelque chose qui n'a aucun rapport avec le thème, c'est libre.
Ce club est aussi l'occasion d'échanger et de partager tout ce que tourne autour de l'origami.
Pour rappel, les séances sont les mardis de 14h30 à 17h, selon la calendrier défini sur le flyer ci-dessous.

lundi 23 septembre 2019

Culture

Dans toutes les activités que je pratique (batterie, magie, origami) je m'intéresse à ce qu'il y a autour, c'est-à-dire l'histoire, les grands noms, etc ...
Faire de l'origami en simplement pliant de temps en temps sans chercher à en savoir plus est quand même réducteur.
Plier sans savoir qui est Yoshizawa est dommage.
S'intéresser à un art implique, je pense, de s'intéresser à ce qui a fait cet art.
Il n'est nul besoin d'être un spécialiste, mais juste s'intéresser un minimum.
Quand j'enseigne un modèle, je donne toujours le nom du créateur. Car ce modèle a une histoire, est né du cerveau d'un plieur, parfois un Maître, qu'il faut au moins vénérer en donnant son nom. Et si en plus  on cherche à savoir qui c'est, ce qu'il a créé d'autre, son style, ce qu'il a publié, etc ... c'est encore mieux.
Après tout, ceux qui sont fans de foot pourraient nous parler des heures des footballeurs qu'ils affectionnent.
L'origami est au moins aussi intéressant que ceux qui tapent dans un ballon.
Et pourtant, je constate souvent que lors de mes ateliers réguliers si je parle par exemple de Momotani et de son style si particulier, ou de je ne sais quel autre artiste majeur de l'origami je perds les 3/4 de l'assistance.
C'est parfois démoralisant.
Il y a une personne en France que j'aimerais inviter car c'est une encyclopédie de l'origami, sa vie et ses rencontres sont d'une grande richesse. J'aimerais le faire venir pour nous parler de tout ça. Pas plier non, juste nous raconter sa vie de plieur et des centaines d'anecdotes qu'il doit avoir à raconter.
Et pourtant je ne suis pas certain qu'à part deux ou trois personnes ça motive grand monde. Je vais quand même essayer mais bon ...

mercredi 11 septembre 2019

Tête de mort qui parle (Talking Skull) de Jeremy Shafer

J'adore cette tête de mort !
En appuyant sur les côtés on fait bouger la mâchoire supérieure ce qui donne l'impression que ce crane parle !
Carré de kami noir/blanc 24x24cm.
Publié dans "Origami Tanteidan Magazine 173".